Mercredi 16 avril 2008
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"On n'est pas là pour casser les stars"
Stéphane Haitaian, directeur d’édition de Closer, dont la version française connaît un succès considérable depuis
2005, fait la lumière sur la stratégie de positionnement du magazine britannique dans l’hexagone et la « pipolisation » de la presse française.
Preniez-vous un gros risque en exportant un magazine britannique à sensation en France, où la presse tabloïde anglaise est vue d’un
mauvais œil ?
Oui, c’est sûr, et on commis des erreurs au lancement. Au départ, on s’est contenté de calquer le modèle britannique et on s’est vite
rendu compte que c’était un frein au développement du magazine. On est passé de sujets sensationnalistes à des thèmes d’actualité, de société, comme la maternité, par exemple. Finalement, il n’ y
a plus beaucoup de points communs avec le magazine d’origine. Par contre on se rapproche des féminins français. Je dirai que Closer a dépassé l’étiquette « people », aujourd’hui c’est
le deuxième magazine féminin après Femme Actuelle.
Closer et la presse people en général sont-ils menacés par le développement du numérique ?
Il reste encore quelques barrières concurrentielles sur
lesquelles nous sommes avantagés par rapports au web. Les magazines comme Closer publient des articles et des photos qui nécessitent de l’investigation et donc des réseaux dont les supports
purement en ligne ne bénéficient souvent pas. Il y a aussi l’aspect législatif. La presse people est souvent la cible de poursuites judiciaires coûteuses qu’un support web ne pourrait pas
assumer. La presse papier offre encore une vraie valeur ajoutée.
On parle de plus en plus de « pipolisation » de la presse en France. Qu’est ce qui distingue la presse people française des
autres pays ?
Il n’y a pas de distinction nette. On est en train de suivre
l’exemple de la Grande-Bretagne, avec quelques années de retard, à la seule différence qu’on a moins tendance à se moquer des stars en France. Avec l’émergence de la nouvelle classe
politique, les newsmags sont aussi en train de franchir le pas et de se « pipoliser ».
…c’est l’effet Nicolas Sarkozy ?
Il est certain que la campagne présidentielle de l’année dernière a entraîné une médiatisation souvent voulue, au départ, par les
politiques. Après c’est devenu difficile d’arrêter le phénomène. La presse quotidienne n’y échappe d’ailleurs plus. Il nous est arrivé de réaliser le même sujet qu’un journal, avec la même photo
et d’être les seuls à être attaqués en justice.