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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 15:35

Des mot réconfortants

Démontrer que la presse magazine a de l’avenir. C’était le défi ce mardi matin de la sémiologue Mariette Darrigrand et du sociologue Stéphane Hugon. Lui analyse les liens entre la presse magazine et la société ; elle, c’est plutôt les mots et leur pouvoir qui l’intéressent.

 

« La presse magazine ? Elle est pulpeuse, elle a du grain, elle existe en tant qu’objet » s’enthousiasme Stéphane Hugon, sociologue, responsable du groupe de recherche sur la technologie et le quotidien (GRETECH). A la différence d’Internet, la presse magazine commence par un geste concret : l’acte d’achat. De quoi lui « donner une dimension fétichiste ».

A en croire Stéphane Hugon, cette presse a de l’avenir. « C’est un objet, et l’on ne pourra jamais se passer des objets. » CQFD. Mieux, « elle rassemble les gens en leur permettant de s’agréger à un titre qui leur donne corps ». En clair, notre société serait aujourd’hui arrivée au bout du modèle individualiste, hérité des années 1980. Les lecteurs recherchent donc, selon lui, du collectif, une appartenance à un groupe. Et le sociologue d’aller plus loin : la presse magazine serait un « objet totémique », capable de cristalliser les tendances de la société en reprenant ses codes visuels et langagiers.

                                                                                                                                                            

« Tendance ». Le mot est lâché. Mariette Darrigrand, directrice du cabinet Des faits et des signes, sourit. « Voilà un mot increvable, magnifique. Une sorte de héros récurrent des pages de la presse magazine. » La sémiologue s’arrête sur les mots de la presse, ceux qui sont dans l’air du temps, tels que « mutants », « mobiles », ou « bankable ».


 

Penser et rêver. Pour elle aussi, « la presse magazine se porte bien ». Et pour mieux illustrer son propos, elle projette au mur un schéma : « le carré des désirs ». « C’est l’oxymore de la presse magazine ; autrement dit, la réunion des contraires » explique Mariette Darrigrand. « Le magazine ouvre sur le monde tout en nous donnant un reflet de nous-mêmes. Et puis, il permet de se divertir et de rêver comme il permet de penser et d’agir. »


 

A l’autre bout de la table, Stéphane Hugon acquiesce. Cette réunion des contraires se retrouve selon lui dans chaque individu. Les éditeurs de presse doivent donc « tenter de capter l’individu dans sa pluralité, avec toutes ses facettes » pour qu’un titre trouve son public. Mariette Darrigand renchérit : «Finalement, c’est au journaliste de donner son unité à la société, d’éviter son éparpillement. » Et le sociologue de conclure : « Si les journalistes disparaissent, tout s’effondre ».



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Published by Marie Piquemal, Gaël Chavance
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