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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 15:07

Un GQ anglo-saxon à la sauce française

 

Près de 300 000 exemplaires, Gentlemen’s Quarterly (GQ) est un succès mais aussi un dilemne pour la rédaction. Le grand - frère américain inspire l’équipe rédactionnelle mais le lecteur français exige un magazine unique.

Mexique, Russie, Etats-Unis, Italie, Portugal, Afrique du Sud… Qu’ont en commun tous ces pays ? Leurs ressortissants p euvent lire un magazine masculin chic et choc : GQ.

 

Le magazine français est le petit dernier. Il a lancé son premier numéro le 20 février alors qu’il existe depuis 1957 aux Etats-Unis. 280 000 exemplaires se sont vendus, une réussite inattendue. L’objectif de 70 000 exemplaires diffusés par mois semble à sa portée.

 

Les annonceurs ont aussi répondu présents. Le lecteur doit feuilleter trente pages de pub avant de découvrir le sommaire dans le premier numéro (Cf. encadré ci-dessous). Le GQ français qui se revendique, sans fausse modestie, « masculin, beau et intelligent ! », prévoit que 70% de ces revenus seront issus de la publicité.

 

Le groupe d’édition, Condé Nast a parié gros : 10 millions d’euros ont été investis. La campagne de lancement en à elle seule coûté six millions  !

 

La réussite du numéro 1 semble prouver que le concept, un masculin généraliste, plutôt haut de gamme, qui traite de l’actualité tout en distrayant, fonctionne.

Arnaud Sagnard, responsable des enquêtes et reportages, explicite les points communs entre les 14 pays.

 

 



La presse anglo-saxonne fascine…Pourtant les concepts masculins étrangers  ne fonctionnent pas toujours sur le sol français. Men’s Health du groupe Axel Springer, s’est éteint après seulement quatre ans. Pour éviter l’échec, il s’agit de réaliser un savant dosage entre « prendre pour modèle », « s’inspirer » et respecter l’identité du lecteur français, bref innover à partir  de bases déjà existantes.

 

 



A chaque pays son GQ… Le GQ français est moins riche et compte donc cinquante pages de moins. 

Des divergences sont assumées. Les interviews de Frédéric Beigbeder, star de la rédaction, n’a d’équivalent qu’en Angleterre avec les interviews de Piers Morgan, un ancien rédacteur du Daily Mirror.  La rubrique « sport légende » qui joue avec la nostalgie sportive des années 70, 80 est une exception française.

 

Le lecteur français a des attentes particulières. S’il arrive à GQ France de récupérer et traduire un article d’un magazine de groupe étranger, il n’est en aucun cas retranscrit tel quel. Il doit d’abord subir ce que le responsable des enquêtes reportages nomme : un « lift ».

 



Alors que le troisième GQ devrait être en kiosque le 16 avril, la réflexion continue pour fournir un produit certifié "Made in France". 

 

Trop de pub ?

Modes, montres, parfums, dès les premières pages les publicités visant le jeune actif s’accumulent. Ce trop plein en agace d’ailleurs certain. Le site Internet Marianne 2 fustige ce « magazine des années Sarko » qualifié de « pavé de pub ». De quoi énerver Arnaud Sagnard, responsable enquêtes et reportages : « Ils n’ont rien compris…Sans publicité nous ne pourrions pas financer de longues enquêtes, des reportages dans des pays étrangers ». Il contre-attaque avec humeur à l’article de Marianne 2 dans le quarante-quatrième commentaire.

 

 

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Published by Jean-Baptiste Mouttet
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